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lundi 25 mai 2015

Réparer au lieu de jeter : telle est l'ambition du Repair Café de Vauréal

Koffi Hukportie, mandataire social de l'association Générations Solidaires Val d'Oise, s'est lancé en avril 2013 dans l'aventure Repair Café. Installé dans la ville de Vauréal, ce lieu de réparation d'objets est l'un des tout premiers de France. Interview avec un homme animé par la solidarité et passionné de réparation.



Koffi Hukportie, mandataire social de l'association Génération Solidiare Val d'Oise et initiateur du Repair Café de Vauréal. - crédit photo Thomas MASSON



Avant de devenir un Repair Café, que faisiez-vous ?


Koffi Hukportie : Avant de monter le Repair Café de Vauréal, nous étions déjà une association - Générations Solidaires - créée en 2010. Son activité était de remettre en état de fonctionnement des vélos et du matériel informatique. On était déjà dans la réparation, pour la réutilisation, le réemploi de matériel. L'objectif était de donner une seconde vie aux objets abandonnés. Cette activité socioculturelle et d'apprentissage intergénérationnel de surcroit, a permis de créer un groupe soudé de passionnés de la réparation.

Quand on a découvert le Repair Café, fin 2012, c'était tout à fait par hasard. Le groupe s'est ensuite mobilisé : nous avons pris contact avec Martine Postma, la fondatrice du label. Elle nous a conseillé et fournit tous les éléments gratuitement pour réussir notre première manifestation.

Nous avons mis quatre mois pour monter l'un des premiers Repair Café de France. La municipalité de Vauréal a soutenu d'emblée l'initiative et nous a mis a disposition un local. Nous nous sommes aussi rapprochés de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat (du Val d'Oise), qui nous a mis en contact avec des artisans professionnels. Enfin, nous avons bénéficié de l'expertise, en matière d'organisation de manifestations, des agents de développement durable de la ville. La mairie a joué le jeu dès le départ, car elle est préoccupée par le bien-être des citoyens et s'active à encourager des solutions à la problématique de la protection de l'environnement.

 

Pouvez-vous expliquer le principe de votre Repair Café ?


Un Repair Café, c'est un label crée par Martine Postma. Le principe est simple : sensibiliser les gens à la réparation et lutter contre la production de déchets. Lors d'un Repair Café, événement libre et ouvert, nous apprenons à réparer ensemble.

On veut faire revenir les gens vers ce qu'il se faisait il y a quelques années. Avant, on fabriquait des objets pour 10 ans, 20 ans et même plus. Les objets passaient de génération en génération. Ce que nous voulons, c'est que les objets soient costauds et réparables. Nous souhaitons aussi que les métiers de la réparation renaissent de leurs cendres. 

J'en suis convaincu, les gens n'ont pas envie d'acheter pour jeter ! Ils jettent à contre cœur. Quand on répare des objets auxquels des gens étaient attachés, certains manquent de s'évanouir ! On voit aussi le bonheur dans leurs yeux. Lorsque quelqu'un voit renaître son objet...il n'y a pas de mots pour décrire son émotion !

Comment se passe le Repair Café de Vauréal ? 


On organise tous les samedis un mini Repair-Café, de 9h30 à 12h30. Une quinzaine de personnes viennent pour réparer, faire réparer ou réparer ensemble. On organise aussi une grosse manifestation de temps en temps. A cette occasion entre 200 et 300 personnes viennent faire réparer leurs objets.  Les interventions, pour redonner vie aux objets, sont gratuites. Et la gratuité ne rime pas avec médiocrité, car les réparateurs (Repair-Acteurs) ont un vrai savoir-faire.

Nos réparateurs sont soit des artisans professionnels, des retraités (nos bibliothèques vivantes), des jeunes de centres de formation, de lycées professionnels et techniques ou plus modestement, des passionnés de réparation.


"L'envie de réparer existe, c'est une véritable attente" - Koffi Hukportie. Crédit photo Thomas MASSON


Et puis, il y a aussi l'aspect social. Le Repair Café est une manifestation conviviale : cela est capital dans la démarche. On ne vient pas que pour réparer ! On vient aussi à la rencontre d'autres personnes, on partage des savoir-faire. Ce phénomène de convivialité est déterminant dans la démarche.


Quels types d'objets êtes-vous capable de réparer ?

 

On répare presque tous les objets qu'on utilise au quotidien ! Nous pouvons réparer le petit électroménager domestique (cafetière, robots,...) et le matériel numérique (tablette, téléphone, ordinateur,..). Nous réparons aussi du mobilier, des habits, bijoux, lunettes, outillage de jardinage.


Pour vous, ce Repair Café est-il une réussite ?

 

On a vu que la démarche répondait à une véritable attente. Lors de notre première manifestation, 400 personnes sont venues. Et depuis, l'affluence n'a pas faibli. Tout cela a déclenché un mouvement d'initiative citoyenne.

De plus, les gens abandonnent moins leurs objets : à chaque manifestation "grand public" nous récupérons entre 200 et 300 kg d'objets. Cela me faire dire que nous luttons toutes les semaines contre le gaspillage !

Une activité comme celle-là, qui passionne les habitants, on se dit qu'on est sur la bonne voie ; tout simplement. L' engouement est durable, voire durable. D'ailleurs, l'essaimage se poursuit au fil des mois, puisqu'il existe maintenant quatorze Repair Café sur le Val d'Oise.

Enfin, nous avons rendez-vous aujourd'hui (19 mai) avec la communauté d'agglomération des Deux Rives de Seine. C'est le deuxième entretien que nous avons avec ses représentants. Nous pensons pouvoir accompagner avec succès la création du premier Repair Café des Yvelines, qui devrait bientôt voir le jour à Andrésy !


Propos recueillis par Thomas MASSON


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