La politique de la maison :

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vendredi 6 juin 2014

Entretien de Babouch - photographe auto-entrepreneur à Strasbourg



« Civilement, je m’appelle Aurélie. Dans mon cœur, je m’appelle Babouch »



Aurélie, alias Babouch, c’est la fille qui peps, qui cligne des yeux, qui claque des doigts, qui pouffe de rire. C’est aussi une mère de 3 enfants, une auto-entrepreneur, une jeune mariée. Portrait d’une femme plus qu’active.

On dit souvent « tel maitre tel chien ». Tu peux me parler de ta chienne Tara-Confétis ?

En février 2008, je voulais absolument une sortie en famille. Mais mon mari et moi n’avions pas un rond pour les deux semaines de vacances à venir. Alors au lieu de cela, nous avons décidé d’acheter un chien, un de nos vieux rêves. C’était un jour de carnaval.
La maman de Tara-Confétis était une chienne beige avec une portée de chiots noirs. Ce contraste m’a tout de suite attiré. Quand nous sommes venus pour faire notre choix, la maman nous a sauté dessus, nous a fait la fête et nous a fait un câlin, comme le fait un humain. Ce qui est amusant, c’est que Tara-Confétis reproduit ce même geste.
Le prénom de Tara-Confétis vient du fait qu’elle est plein de taches blanches sur son pelage noir et que nous avons pris la décision de l’accueillir chez nous un jour de carnaval.

Comment te présenterais-tu ?

Civilement, je m’appelle Aurélie. Dans mon cœur, je m’appelle Babouch. Tu veux me faire plaisir ? Simple, tu m’appelles Babouch. Babouch, c’est un nom que j’assume.
Ma mère voulait m’appeler Myrtille. C’est pour ça que le violet, depuis au moins dix ans, c’est ma couleur préférée. C’est celle qui me représente le plus : sa brillance, son noir. 
Je suis aussi quelqu’un qui n’est jamais rentrée dans une case, même pour l’administration.

Aurélie, la femme myrtille – Thomas Masson


D’où vient ton surnom Babouch ?

Babouch, c’est un surnom qui vient de la coiffure, où j’ai  travaillé de juillet 1999 à juillet 2002, chez Coiffirst.
A l’époque, nous étions deux coiffeuses à nous appeler Aurélie. Alors, j’ai utilisé mon deuxième prénom, qu’a aussi choisi ma mère : Barbara.
Puis Barbara a dérivé en Babouchka. Pour la petite histoire, c’est en regardant le clip de « Kate Bush-Babooshka », avec mon collègue homosexuel. Il disait que j’avais les mêmes seins que la fille du clip. Cette nana, ce clip, les rondeurs…Cela a fait tilt, je suis devenue Babouch.
Tu peux me décrire ton univers dans ce salon de coiffure ? 
Quand j’ai commencé la coiffure, c’était chez j’avais 17 ans.
Toutes mes collègues, qui venaient chacune d’univers différents et particuliers, étaient belles, minces. Mon patron, Eric Pfalzgraf (patron de nombreux salons de coiffure sur Paris, Kourou, New-York, Londres, Strasbourg), m’avait recrutée parce que je ne rentrais pas dans ces standards. Mon boss était malin, car j’étais la seule parmi les employés à venir d’un univers différent. En plus, du fait que j’avais 17 ans et non pas 15, mon patron avait fait le choix de me payer plus cher.
En fait il m’avait recruté parce que j’étais naturelle, généreuse et simple. Avec le recul, j’étais la poupée, la poupée russe matriochka. Comme elle, j’avais le teint rose et les rondeurs. 

Aujourd’hui, tu t’es reconvertie dans la photo. Pourquoi ce choix ?

La photo, c’est un outil pour être avec des gens et partager des moments avec eux.
C’est pour cette raison que j'ai lancé le projet BabouchKAtelier il y deux ans. Ensuite, j’ai créée ma petite entreprise, depuis maintenant presque un an.

BabouchKatelier c'est une petite agence événementielle, qui a pour but de rendre les gens heureux.
Je suis entourée d’une équipe de choc composée de trois photographes, deux « event planneur », une graphiste et encore quels autres talents cachés.

Les projets sont très variés, d'une organisation de mariage à un anniversaire, des photos de grossesse, la déco d'une « baby shower » ou autres projets sympas.  
Qu’elle est la place pour toi de la créativité ?

C’est important de développer, de nourrir sa créativité. Au théâtre par exemple, dans la rue, partout, en improvisant. L’inspiration est partout. Internet c’est génial, mais ce n’est pas pareil, ce sont les idées des autres qui son mises en avant.
Je pense à cette pièce importante, voir maitresse d’une séance de photos : la petite cour où je descends les poubelles et où je range les vélos. C’est une pièce minuscule où ça pue, mais à l’arrière il y a de la terre et quatre statuettes dorées de faons.

Que représente ton travail ?

Le travail, c’est là où je brûle, ce n’est pas là où je me ressource. Dans mon travail, j’ai un côté théâtral, comme si j’étais sur scène. Le seul endroit où je suis en repos, c’est sur un caillou, face à la mer.
Quand j’étais plus jeune, j’ai fait du théâtre. J’adorais y crier, interpréter. Puis j’ai dis « stop », les planches du théâtre me brulaient les pieds, de rage et de peur.
C’est dur de parler de soi, même à travers les photos que je fais. L’objectif dans mes photos, c’est de donner ma pate, ma touche, ma sensibilité. Par exemple, cette fleur, je veux la prendre sous cet angle ; pareil pour cet enfant qui mettrait ses doigts dans son nez à l’église.

Peux-tu me décrire un de tes clichés préféré ?

Voici la scène dont je me souviens : des grappes de ballons à l’hélium qui se  volatilisent depuis le coffre d’une kangoo vert clyladon, appartenant au père de la mariée.
Le père de la mariée avait en fait ouvert son coffre, pour chercher quelque chose. Il avait oublié que les ballons y étaient stockés. En ouvrant son coffre, tous les ballons se sont envolés. Personne, pas même la mariée ne s’est énervée. Et moi, j’ai photographié ce ballon rouge qui flotte dans le ciel bleu.

Comment me décrirais-tu tes clients ?

Mes clients sont timbrés. Au final, ce ne sont plus des gens, ils deviennent des personnes importantes.
Des liens se font avec les mariés.
Une « boom » est prévu quand la barre des 2222 fans de ma page facebook sera atteinte. Aujourd’hui le compte en est à 2178 fans. Je pense que ça coïncidera avec les un an de ma boîte Babouckatelier (NDLR : cela coïncidera avec le 15 juillet 2014). Je mettrai de la musique, juste pour m’éclater.

Comment vois-tu ton avenir professionnel ?

Je suis le patron de ma propre personne. Aujourd’hui, je n’emploie personne. Bientôt je vais embaucher et être patronne pour d’autres que moi. Ce n’est pas forcement ce que je voulais, ce que j’avais imaginé. Ce qui est évident, c’est que je vais devoir compléter. Je vais devoir agrandir. Je pense surtout au développement d’une équipe « event ».
A l’horizon 2015, c’est-à-dire demain, en binôme avec Emilie, nous avons le projet d’ouvrir une agence événementielle faite pour le mariage et pour la famille.

Un mot pour la fin ?

« S’kommt !». En alsacien, ça signifie « ça vient, ça arrive ».


Entretien réalisé par Thomas MASSON


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